Coffee Mania \ Histoires de café \ Un café avec les Réunionnais
Histoires de café

Un café avec les Réunionnais

La Réunion est une terre de contrastes. On y boit le café simplement coulé à la main et on y produit l’un des crus les plus prisés au monde : le Bourbon pointu. Découverte d’une tradition caféière aux racines profondes.

  • Partage mail

L’histoire commence au 18e siècle. A l’époque, cette colonie française se nomme l’île Bourbon et l’exploitation du café y est introduite au début du siècle. Son climat tropical est propice, les plantations sont florissantes et cette île montagneuse de l’Océan Indien devient l’un des principaux fournisseurs de l’Europe. Mais la culture du café à la Réunion, pourtant profondément enracinée dans cette terre volcanique, a bien failli s’éteindre. Remplacés par la canne à sucre, plus robuste et rentable, les grands plants de caféiers cultivés en altitude et pouvant atteindre 4 à 6 mètres de hauteur disparaissent progressivement du paysage.

 

Un café sauvage devenu grand cru mondial

Pourtant, les Réunionnais n’ont jamais renoncé à leur culture du café. Si les grandes plantations ont cédé la place, des caféiers disséminés sur l’ensemble de l’île ont continué de pousser. Mais un véritable renouveau a lieu dans les années 2000. C’est une espèce endémique, appelé le café Bourbon pointu, issu d’une mutation naturelle d’une variété d’Arabica, qui va permettre à la Réunion de renouer avec son passé. Prisé pour son faible taux de caféine et sa délicatesse, ce caféier ancien – qu’on appelle le Coffea arabica laurina –  est relancé il y a une douzaine d’années par quelques amateurs passionnés. Grâce à des plants retrouvés ici et là dans les jardins, la production de Bourbon pointu revient sur le devant de la scène mondiale. Son arôme unique, au corps léger et à la palette aromatique complexe alliant les notes acidulées de fruits rouges et de cacao, en fait aujourd’hui l’un des crus les plus prisés au monde. Les Japonais et Coréens en raffolent et plusieurs grands chefs l’ont intégré à leur carte. Spécimen indigène et sauvage, ce café devenu haut de gamme, dont les cerises légèrement pointues sont cueillies et décortiquées à la main, se négocie désormais à plusieurs centaines d’euros le kilo.

 

L’art du coulage manuel ou l’éloge de la lenteur

Pour préparer un café lontan – autrement dit en le coulant manuellement comme le faisaient les anciens – on privilégie la grègue, cafetière traditionnelle en métal. Une fois le café moulu, on remplit le filtre de mouture et on arrose lentement d’eau chaude. Ensuite, eh bien : on attend patiemment – comptez jusqu’à 20 minutes pour 4 tasses ! – que le liquide s’écoule goutte après goutte. Et pour maintenir le café au chaud, l’astuce locale est de plonger la cafetière dans un bain-marie pendant l’opération. Après tous ces efforts, nul doute que vous prendrez le temps de siroter votre café comme il se doit ! 

Vous prendrez bien un peu de rhum* avec votre café !

Autre spécialité locale: le rhum bien sûr ! Ici comme aux Antilles, on a coutume de le mélanger à quelques centilitres de café pour préparer un savoureux cocktail. Autre variante : le rhum arrangé à la vanille et à la liqueur de café. Toute la culture créole réunie dans un seul verre. Santé ! 

*L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.